Élaborer et conduire avec succès un PLPDMA

Soutenir le développement de la réparation et favoriser l’accès aux pièces détachées : fiche-action

Repères
  • Axe du PNPD concerné : 5. Réemploi, réparation et réutilisation
  • Action du PNPD déclinée : 5.2. Soutenir le développement et la professionnalisation de réseaux de réemploi, réutilisation et réparation

De quoi s’agit-il ?

Favoriser le recours à la réparation et soutenir le développement de ce secteur d’activité.
Action complémentaire : soutien au réemploi et à la réutilisation
 


Quels enjeux ?
  • Le gisement d’évitement du principal flux visé (DEEE) est estimé à 20,4 kg/hab./an.
  • La filière des vélos représente également un potentiel car le cycle de vie réel du vélo est court et peu optimisé. Chaque année, ce serait environ 1,5 million de vélos qui seraient détruits, soit entre 15 000 et 22 000 tonnes (chiffre auquel il faudrait ajouter les pièces détachées).
  • Près de 9 Français sur 10 estiment que la réparation n’est pas facilitée par les industriels/fabricants. 87% des Français souhaitent davantage d’informations d’ordre pratique : sur le coût, les pièces détachées et la manière de procéder ou le professionnel à contacter.
Gisement d’évitement : 2/4 (DEEE et mobilier)
Potentiel de réduction : 1/3 (DEEE et mobilier)


Objectifs de l’action

  • Promouvoir et valoriser les activités et acteurs de réparation, en particulier par la mise à disposition de pièces détachées neuves ou d’occasion.
  • Faciliter l’accès aux gisements de biens permettant de constituer un stock de pièces détachées neuves et d’occasion.
  • Promouvoir et encourager la transmission de savoirs et savoir-faire.


Exemples d’actions à mettre en œuvre

Exemples d’actions à destination des ménages :
  • Sensibiliser les ménages à l’intérêt de la réparation, relayer les nouvelles dispositions législatives et réglementaires en faveur des consommateurs et ayant un impact potentiel sur la durée de vie des produits (éventuellement, en partenariat avec des associations environnementales ou de consommateurs), et faciliter l’identification des réparateurs (annuaires/guides de la réparation, campagne de communication) ;
  • Organiser une manifestation grand public ou un événement pour sensibiliser aux gestes de réparation (ex. : Journée de la Réparation, ateliers de réparation, portes ouvertes auprès des artisans réparateurs) ;
  • Aider les consommateurs à pratiquer la réparation : ateliers d’autoréparation (ex. : Repair Café), bricothèque (location de matériel de bricolage).
Exemples d’actions à destination des scolaires et périscolaires :
  • Sensibiliser les scolaires et périscolaires à la thématique de la réparation (visite d’une recyclerie ; animations pédagogiques) ;
  • Organiser un événement (atelier de réparation).
Exemples d’actions à destination des acteurs de la réparation :
  • Faciliter l’accès des acteurs de la réparation au gisement de biens à réparer (ex. : convention entre un acteur de l’ESS et la collectivité pour l’accès aux gisements collectés en déchèterie, en porte-à-porte), notamment et dans le respect de la réglementation relative aux filières REP lorsqu’il s’agit de flux de déchets entrant dans ce cadre (DEEE, DEA...) ; 
  • Fournir un appui logistique ou un soutien financier aux acteurs de la réparation (ex. : mise à disposition de locaux, subventions, soutien à la mise en réseau et à la mutualisation de ressources).


Éco-exemplarité des collectivités

Exemples de mise en œuvre :
  • Sensibiliser son personnel à l’intérêt de la réparation (ex. : Journée de la réparation) ;
  • Orienter la politique d’achats afin de favoriser les achats responsables (produits réparables) et avoir recours à la réparation autant que possible, soit en interne en formant les agents techniques, soit en externe ;
  • Développer des dispositifs d’aides à certains volets de l’économie sociale et solidaire (ex. : lancement d’un Repair Café).
Points de vigilance
  • S’inscrire dans une dynamique de réseau afin de capitaliser et mutualiser les bonnes pratiques (ex. : Heureux-Cyclage, Repair Café, Réseau STAR , etc.).
  • Développer un maillage de structures offrant au client (professionnel ou particulier) la possibilité de trouver une solution de réparation ou d’achat de pièces détachées.
  • Communiquer sur la qualité de service au travers d’un label, d’une certification de service ou d’une charte (ex. : Campagne Répar’acteurs).
  • Communiquer sur l’offre de services de réparation.


Exemples de partenaires à associer

  • Les chambres consulaires.
  • Les communes, collectivités.
  • Les commerçants : artisans-réparateurs.
  • Le GIFAM et le réseau de pièces détachées STAR.
  • Les associations actives dans la réparation (Heureux-Cyclage, Repair Cafés).
  • Les acteurs de l’ESS.
  • DIRECCTE en vue de subventions pour les emplois d’insertion.
  • Les associations environnementales et de consommateurs plus transversales.
 

Évaluation

Indicateurs de suivi

Quantités évitées : quantité de biens réparés, suivie par type de produit ou par famille de produits (DEEE, vélos, etc.).
Nombre d’acteurs sensibilisés/nombre d’acteurs impliqués dans une action : à décliner par action et par cible nombre (et types?) d’actions de sensibilisation et/ou de soutien ?
Changement de comportement : nombre de personnes déclarant avoir réparé/fait réparer un objet.
 

Impact socio-économique et financier

Indicateurs-clés à mesurer :
  • Poids moyen d’un bien réparé (cf. liste abaque) ;
  • Effectifs associés dont nombre de bénévoles (en ETP) ;
  • Chiffre d’affaires lié à la réparation.
Pour mesurer l’impact de l’utilisation de pièces détachées, il faudrait disposer des données suivantes :
  • Prix des pièces détachées ;
  • Nombre d’heures de réparation dispensées.
Informations à retrouver dans le chiffre d’affaires d’entreprises dédiées à l’activité réparation, et à comparer au prix du nouvel appareil, en prenant en compte la notion de taux de substitution.
voir rubrique « impact environnemental »
Pour aller plus loin : l’évolution du chiffre d’affaires lié à la réparation mesure la création d’activité. La diminution d’activité liée à la non production de certains biens devrait être retirée, mais négligée car peu impactante. Le chiffre d’affaires de tous les acteurs devrait être pris en compte (metteurs en marché, logistique...).
 

Impact environnemental

Indicateurs-clés à mesurer : quantité d’objets réparés suivie plus ou moins finement.
Coefficient à prendre en compte : taux de substitution : en réutilisant un bien réparé, on évite la production d’un nouveau produit, mais il durera moins longtemps que l’appareil neuf. Une fraction d’un appareil neuf (comprise entre 0 et 1) est donc évitée. Un taux de substitution égal à 1 est extrêmement favorable à la réutilisation.
 
Facteurs d’émissions à utiliser :
  • Pour les produits neufs évités : raisonner par approchant (ex. : DEEE = ordinateur, vaisselle = céramique) ;
    Exemple : ordinateur : fixe avec écran plat : 1 280 kg éq. CO2/appareil
  • Pour les pièces détachées : il conviendrait de mesurer l’impact de la pièce détachée ajoutée et la fin de vie de la pièce remplacée. Si la réparation nécessite également une grande consommation d’énergie, il faut la prendre en compte. Pour les produits dont l’impact de l’utilisation est prédominante (les EEE), considérer ces éléments comme négligeables. Pour d’autres produits (ex. : mobilier), à prendre en compte en fonction de la composition et de la masse ;
    Exemple  : remplacement d’une courroie de voiture ou d’un pneu = caoutchouc...
  • Pour les produits où le produit réutilisé vient en compétition d’un appareil neuf plus performant sur le plan environnemental (par exemple un réfrigérateur Asigne_plus.jpg évitant l’achat d’un réfrigérateur Asigne_plus.jpgsigne_plus.jpg  ), il faudrait prendre également en compte la différence d’impact sur la phase utilisation.
 
Calcul d’impact  :
Exemple pour 100 ordinateurs réparés
Impact
=
quantité d’appareils
x (
impact de la réparation
-
taux de substitution
x
impact du produit neuf évité
)
soit 100 x (0 – 0,5 x 1 280)= (-) 64 000 kg éq. CO2
Pour aller plus loin : prendre en compte la consommation de matière et d’énergie liée à la réparation :
Exemple pour 100 ordinateurs réparés
Consommation d’électricité à l’atelier et aux tests de bon fonctionnement : entre 10 et 20 kWh/équipement
Facteur d’émission électricité mix moyen 2014 : 0,082 kg éq. CO2/kWh
Impact
=
quantité d’appareils
x (
consommation électrique de la réparation
x
impact du kWh électrique
-
taux de substitution
x
impact du produit neuf évité
)
Soit 100 x (15 x 0,082 (-) 0.5 x 1280) = 63 877 kg éq. CO2/kg
 
 

Ressources méthodologiques et annexes

Rôles de la collectivité en charge du PLPDMA
  • Identifier les acteurs et actions pour le diagnostic local
  • Remonter de l’information pour le recensement national
  • Diffuser de l’information/des outils nationaux
  • Communiquer
  • Être éco-exemplaire
  • Mobiliser des acteurs et développer des partenariats
  • Proposer des aides méthodologiques/formations
  • Proposer des aides financières et/ou logistiques