Élaborer et conduire avec succès un PLPDMA

Développer la gestion différenciée des espaces verts : fiche-action

Repères
  • Axe du PNPD concerné : 6. Poursuivre et renforcer la prévention des déchets verts et la gestion de proximité des biodéchets
  • Action du PNPD déclinée : 6.1.1. Développer la gestion différenciée des espaces verts

De quoi s’agit-il ?

La gestion différenciée consiste à distinguer et à entretenir les espaces verts, notamment des collectivités mais aussi des entreprises ou des espaces collectifs privés, suivant leurs caractéristiques et leurs fonctions.
Les pratiques de jardinage au naturel sont appliquées : utilisation des déchets verts sur place (compostage, broyage, paillage) ; peu ou pas de produits phytosanitaires...
L’entretien des jardins des particuliers selon ces principes est traité dans la fiche  Promouvoir le jardinage au naturel.


Quels enjeux ?
  • Les collectivités constatent un accroissement des apports de déchets verts en déchèterie.
  • La biodiversité est menacée par l’utilisation de produits de jardinage toxiques, la favoriser permet de contribuer aux démarches et obligations en matière de « trame verte et bleue ».
  • Les produits phytosanitaires sont également dangereux pour les agents qui les manipulent, et représentent des coûts pour les collectivités.
  • Les collectivités territoriales et/ou les communes, ainsi que les acteurs privés, ont besoin d’être soutenus ou encouragés à adopter des pratiques de gestion différenciée.
Gisement d’évitement : 4/4
Potentiel de réduction : 3/3


Objectifs

  • Réduire les apports de déchets verts en déchèterie ou dans les collectes de biodéchets.
  • Réduire les quantités de déchets dangereux et diminuer la nocivité des déchets.
  • Accroître le nombre de collectivités territoriales, communes ou acteurs privés pratiquant des techniques de gestion différenciée, et maintenir cette pratique dans le temps.


Exemples d’actions à mettre en œuvre

Exemples de mise en œuvre à destination des agents de la collectivité en charge du PLPDMA et des collectivités et communes du territoire :
  • Sensibiliser les agents des espaces verts, voire les élus : réunion d’information, conférence débat avec un intervenant, visite de site géré de façon différenciée ;
  • Organiser des ateliers pratiques : broyage, jardinage au naturel, fabrication de produits alternatifs... ;
  • Installer un site de démonstration des différentes pratiques et organiser des animations et visites ;
  • Mettre en place un plan de gestion différenciée pour les espaces verts de la collectivité ;
  • Sensibiliser les communes (mêmes actions que pour les agents) pour les inciter à :
    • s’engager dans une démarche zéro phyto ou un plan de gestion différenciée,
    • signer une charte sur la qualité de l’eau  (aides financières des Agences de l’Eau) ;
  • Accompagner les communes à la mise en place d’un plan de gestion différenciée : mise à disposition d’outils, appui technique... ;
  • Former les agents aux nouvelles techniques de jardinage, à l’utilisation du matériel (broyeurs) ;
  • Insérer des clauses dans les marchés publics d’entretien des espaces verts et appui aux communes pour la même démarche.
    voir 1. Axe « Être exemplaire en matière de prévention des déchets »
 
Exemples de mise en œuvre à destination des professionnels (jardiniers, paysagistes...) :
  • Sensibiliser et informer les professionnels, notamment via les CMA/CCI ;
  • Former des paysagistes, via les CMA/CCI ;
  • Sensibiliser des bailleurs, des syndics et des copropriétaires, pour les inciter à demander à leurs prestataires d’entretien d’espaces verts des pratiques de gestion différenciée ;
  • Proposer la signature d’une charte d’engagement à la gestion différenciée et valoriser les professionnels signataires.


Exemples de partenaires à associer

  • Agence de l’Eau.
  • CCI, CMA.
  • Chambre d’agriculture...
Points de vigilance
  • Accompagner le changement de pratiques par une campagne de communication auprès de la population pour faciliter l’acceptation du nouvel esthétisme (fleurs sauvages, fauchage tardif...).
  • Valoriser la diminution des risques pour la santé (moins de produits phytosanitaires) pour faciliter l’acceptation de la démarche par les différentes cibles, à commencer par les agents.
  • S’appuyer sur cette démarche éco-exemplaire pour sensibiliser les habitants à la pratique du jardinage au naturel et à la gestion de proximité des biodéchets.
  • Avancer progressivement compte tenu des changements nécessaires : acquisition de nouvelles compétences techniques, modification des pratiques, et réorganisation du travail et des équipes.


Évaluation

Indicateurs de suivi

Quantités évitées :
  • Quantité de déchets verts produits ou collectés en déchèterie ou broyés (en kg/an/hab.) – taux d’évolution de cette quantité en % ;
  • Quantité de produits phytosanitaires achetée – taux d’évolution de cette quantité en %.
 
Nombre d’acteurs sensibilisés :
  • À décliner par action et par cible...
 
Changement de comportement :
  • Nombre de communes engagées dans la gestion différenciée (charte, plan GD, etc.) ;
  • Nombre de professionnels déclarant mettre en pratique la gestion différenciée (enquête) ;
  • Nombre de signataires de la charte (si vérification des pratiques)...
 
 

Impact socio-économique et financier

Avertissement : voir fiche jardinage au naturel pour la prévention des déchets verts.
Mesure des gains éventuels liés à la réduction des produits phytosanitaires
Indicateurs-clés à mesurer :
  • Diminution des quantités de produits phytosanitaires achetées.
Facteurs de coût :
  • Coût des produits/litre ;
  • Réduction du coût d’entretien des espaces verts pour application des produits ;
  • Augmentation du coût d’entretien des espaces verts pour entretiens mécaniques.
Impact économique
= (-)
diminution des quantités de produit
x
coût des produits
signe_plus.jpg
différence du coût d’entretien des espaces verts
Pour aller plus loin : prendre en compte les éventuels équipements/amortissements effectués ; s’il y a des produits de substitution, les prendre en compte.
 

Impact environnemental

Mesure des gains éventuels liés à la réduction des produits phytosanitaires
Indicateurs-clés à mesurer :
  • Diminution des quantités de produits phytosanitaires achetées.
Facteurs d’émissions à utiliser :
  • Impact environnemental d’un produit phytosanitaire moyen : 9,2 kg éq. CO2 kg matière active.
     
Impact environnemental
= (-)
diminution des quantités de produit
x
impact environnemental d’un produit
Pour aller plus loin : prendre en compte les impacts des traitements (consommations de carburants, d’électricité...) et des produits de substitution s’ils existent, en prenant en compte les éventuelles différences d’utilisation (moindres passages...).


Ressources méthodologiques et annexes

Rôles de la collectivité en charge du PLPDMA
  • Identifier les acteurs et actions pour le diagnostic local
  • Remonter de l’information pour le recensement national
  • Diffuser de l’information/des outils nationaux
  • Communiquer
  • Être éco-exemplaire
  • Mobiliser des acteurs et développer des partenariats
  • Proposer des aides méthodologiques/formations
  • Proposer des aides financières et/ou logistiques
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