Élaborer et conduire avec succès un PLPDMA

Développer la collecte « préservante » des objets réutilisables : fiche-action

Repères
  • Axe du PNPD concerné : 5. Réemploi, réparation et réutilisation
  • Action du PNPD déclinée : 5.2. Soutenir le développement et la professionnalisation de réseaux de réemploi, réutilisation et réparation

De quoi s’agit-il ?

La collecte « préservante » est un modèle de collecte qui permet d'augmenter le potentiel de réemploi et de réutilisation des biens collectés. Il s’agit de permettre aux consommateurs de se défaire des objets dont ils n’ont plus besoin sans porter atteinte à l’état du produit (par ex. en le protégeant de l’eau, en le stockant comme un produit et non comme un déchet...) via des dispositifs de stockage ou de collecte adaptés.


Quels enjeux ?
  • Réduire la quantité de biens/matériaux éliminés et qui sont potentiellement réutilisables et augmenter le taux de réemploi/réutilisation sur le territoire.
  • Préserver les biens susceptibles d’être réparés ou réemployés en optimisant la qualité des conditions de collecte.
  • Contribuer à favoriser le travail des acteurs du réemploi/réutilisation, et à créer des emplois et filières locaux.
  • Développer des emplois et réseaux locaux à travers la mobilisation d’acteurs du réemploi/réutilisation, en particulier le secteur de l’économie sociale et solidaire.
Gisement d’évitement : 2/4
Potentiel de réduction : 2/3


Objectifs de l’action

  • Mettre en place un dispositif de collecte et stockage permettant de préserver les biens en vue d’activités de réemploi, réutilisation et réparation.
  • Contribuer à augmenter les quantités de biens réemployés, réutilisés, et réparés.
  • Améliorer la qualité des biens collectés en vue de réemploi, réutilisation et réparation.
  • Créer des emplois, en particulier pour les bénéficiaires des collectes préservantes (acteurs de l’ESS, associations).
 

Exemples d’actions à mettre en œuvre

Exemples d’actions à destination des ménages :
  • Sensibiliser les consommateurs à l’importance de collecter des biens en bon état en vue d’activités de réemploi, réutilisation et réparation, et faire connaître les gestes le permettant ;
  • Proposer des solutions techniques permettant de mieux capter les gisements et de stocker des biens sans les détériorer en vue d’activités de réemploi, réutilisation et réparation ;
    (ex. : mise en place de conteneurs ou zone de réemploi en déchèterie, collectes d’encombrants en porte-à-porte sans recours aux bennes, etc.)
  • Soutenir le développement de dispositifs de collecte préservante dans une optique de maillage territorial  ;
    (ex. : bornes textiles)
  • Communiquer sur le dispositif de collecte préservante auprès des usagers.
Exemples d’actions à destination des acteurs économiques, en particulier des acteurs du réemploi/réutilisation et de la gestion des déchets dont de l’ESS :
  • Sensibiliser les entreprises aux bénéfices du réemploi et de la réutilisation, notamment économiques ;
  • Inciter les acteurs économiques à mettre en place des opérations de collectes préservantes ciblées ;
    (ex. : téléphones et ordinateurs usagés, cartons, jouets, livres, etc.)
  • Favoriser les synergies entre acteurs locaux pour développer des dispositifs de collecte performants.
    (ex. : espace recyclerie dans une déchèterie mobile)
 
Actions complémentaires
 
 

Éco-exemplarité des collectivités

  • Organiser des collectes spécifiques d’objets auprès du personnel de la collectivité (ex. : jouets, ordinateurs).
  • Sensibiliser les autres établissements publics du territoire et coordonner les actions entre elles.
 

Exemples de partenaires à associer

  • Opérateurs de gestion des déchets, en particulier de collecte des encombrants.
  • Exploitants de déchèteries.
  • Acteurs de l’économie sociale et solidaire implantés sur le territoire ou à défaut, sur les territoires voisins.
  • Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) en vue de subventions pour les emplois d’insertion.
Points de vigilance
  • Prendre en compte dans le cadre d’une étude de faisabilité, cette question sur la collecte préservante afin notamment d’estimer le potentiel de captage du gisement qui pourrait être détourné, les acteurs à mobiliser, les moyens pour sa mise en œuvre...
  • Analyser les différentes modalités techniques en termes de coûts/avantages compte tenu des spécificités locales :
    • solutions de collecte (en déchèterie, en porte-à-porte, points de collecte mobiles) ;
    • solutions de stockage des objets collectés (ex. : aménagements de locaux existants, acquisition ou construction de nouveaux locaux, acquisition de bennes ou de conteneurs) ;
    • dispositifs de subvention.
  • Former le personnel technique à la collecte préservante en vue d’un réemploi ou d’une réutilisation (personnel de collecte et gardiens de déchèteries).

Évaluation

Indicateurs de suivi

Quantités évitées :
  • Quantité de produits/déchets collectés séparément, au global et :
    • par type de produit/déchet (mobilier, EEE, textiles, vélos, livres, etc.) ; 
    • par type de collecte (en porte-à-porte, en PAV, en déchèterie).
Nombre d’acteurs sensibilisés/nombre d’acteurs impliqués dans une action : à décliner par action et par cible.
Changement de comportement : nombre de personnes déclarant participer à la collecte préservante (cf. sondages).
 

Impact socio-économique et financier

Indicateurs-clés à mesurer :
  • Pour le service mis en place :
    • tonnages collectés par collecte préservante,
    • coût de la collecte préservante (service mis en place en €/t) : camion, personnel, fréquence, tonnages,
    • coût net de la recyclerie associée pour réutiliser, réparer et remettre en vente les objets OU chiffre d’affaires de la réparation/réutilisation et tonnages (locaux, consommation, personnel, et recettes) ;
  • Pour le service évité  :
    • coût de la collecte traditionnelle d’encombrants,
    • coût du/des biens évités.
Pour aller plus loin : prendre en compte un taux de substitution voir rubrique « impact environnemental ».
 

Impact environnemental

Avertissement : considérer deux systèmes : le bien réutilisé (collecté, réparé...) et le bien évité (production et fin de vie).
 
Indicateurs-clés à mesurer :
Quantité d’objets totale suivie plus ou moins finement (éventuellement poids moyen d’un objet).
 
Coefficient à utiliser :
  • Taux de substitution : en réutilisant un bien réparé, on évite la production d’un nouveau produit, mais il durera moins longtemps que l’appareil neuf. Une fraction d’un appareil neuf (comprise entre 0 et 1) est donc évitée. Un taux de substitution égal à 1 est extrêmement favorable à la réutilisation ;
  • Facteurs d’émissions à utiliser :
    • Impact environnemental de différents produits : exemple, cas du mobilier : 1 830 kg eq.  CO2/t meuble,
    • Impact environnemental de la collecte traditionnelle : 18 kg eq. CO2/t,
    • Impact environnemental de la collecte préservante : camion porteur, express traction : 0,379 kg eq. CO2/tonne.km ; on suppose par ailleurs que la distance parcourue pour la collecte préservante est de 50 km,
    • Impact de la mise en décharge ordures ménagères : 431,16 kg eq. CO2/t.
 
Impact environnemental :
Exemple meuble : 100 t meubles collectés en recyclerie
Bilan environnemental
=
poids meubles collectés
x (
impact collecte préservante
-
impact collecte traditionnelle
)-
taux de substitution
x (
impact de la production du meuble
signe_plus.jpg
fin de vie du meuble
)
Soit 100 x ((0.379 x 50-18) -0.7 x (1830signe_plus.jpg431.16)) = -1 592 kg eq. CO2
 
Pour aller plus loin : si on dispose de données sur la collecte, il faut connaître le taux de « réemployabilité ». En effet, il peut arriver qu’une partie des produits collectés ne soient jamais réemployés.
 
 

Ressources méthodologiques et annexes

Rôles de la collectivité en charge du PLPDMA
  • Identifier les acteurs et actions pour le diagnostic local
  • Remonter de l’information pour le recensement national
  • Diffuser de l’information/des outils nationaux
  • Communiquer
  • Être éco-exemplaire
  • Mobiliser des acteurs et développer des partenariats
  • Proposer des aides méthodologiques/formations
  • Proposer des aides financières et/ou logistiques